Un cri du cœur de la part de cette noble expression.

“Non là vraiment, y en a marre!” : dès le début de notre interview avec l’expression “à bon entendeur, salut!”, le ton est donné. Pour elle, la création des réseaux sociaux a signé son arrêt de mort. “J’ai vraiment très mal vécu cette transition” avoue-t-elle, les yeux gonflés par la colère et la tristesse. “A l’époque, on m’utilisait à des desseins nobles. Quand c’est un grand auteur, genre Balzac, qui vous utilise, tout de suite, ça en jette. Par contre, quand c’est Bernard qui vous emploie pour dire tout le mal qu’il pense des étrangers sur un vulgaire commentaire Facebook, merci bien, mais ça me fout le bourdon.”

En effet, sur le célèbre réseau social, impossible de tomber sur un article où la célèbre expression n’est pas balancée en fin de commentaire : “En plus, ces imbéciles, de un, ils m’abrègent en utilisant “ABE” : qu’est-ce que c’est moche! Et de deux, ils sont même pas capables d’utiliser l’expression complète : je m’appelle “à bon entendeur, SALUT!” Si j’ai un nom de famille, c’est pas pour les cochons!” L’expression ne manque d’ailleurs pas de rappeler qu’il ne s’agit pas de la seule expression galvaudée par les internautes : “J’en parlais encore l’autre jour avec mon amie “à qui profite le crime?” Elle, la pauvre, elle en chie : elle a été récupérée par tous les complotistes!”

Quoi qu’il en soit, “à bon entendeur salut!” a tenu à rappeler qu’elle se désolidarisait totalement de tous ces commentaires qui l’accompagnaient : “Si vous voulez continuer à être facho sur les réseaux sociaux, merci de le faire en votre nom, et arrêtez de m’associer à vos combines scabreuses.” A bon entendeur, salut!